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De la servitude apprise à la liberté d'être: Survivre aux relations toxiques

Dernière mise à jour : 29 mars


Relations toxiques Metanoia


Nos origines


Depuis toujours, l’être humain s’adapte aux situations qui le mettent en danger pour survivre. C’est cette capacité d’adaptation qui l’a conduit jusqu’en 2023. Au fil du temps, son cerveau s’est développé. Tout d’abord, il y eut le cerveau reptilien, centre instinctif de survie, puis, le cerveau limbique, centre émotionnel qui prépare la voie au rationnel, soit le néocortex.


Notre instinct dicte les actions de survies de combat (fight), de fuite (flight) ou de figement (freeze). Le combat permet de se défendre, il est un état transitoire qui permet de retrouver notre équilibre intérieur. C’est cette agressivité saine qui naît et qui déclenche cette colère à l’origine de notre motivation à nous exprimer auprès d’un inconnu, par exemple, lorsqu’il tente de prendre notre place dans une file d’attente.


Si notre instinct déduit que la stratégie de « combat » nous mettrait en danger, il choisira plutôt de fuir pour éviter d’aggraver la situation pour nous protéger et faire revenir la situation à la normale. Parfois, chez certaines personnes, cette fuite pourrait se traduire par le fait de « trop penser », plutôt que d’agir en fonction du besoin annoncé par l’émotion. Trop penser se manifeste, entre autres, par des justifications à outrance, la déformation de la réalité ou éviter de communiquer notre ressenti à certains moments opportuns, ce qui ne conduit pas à des relations saines.


Si notre instinct déduit qu’il n’y a pas de solutions, que ni le combat ni la fuite pourrait aider à préserver notre intégrité physique et psychique, alors le système nerveux fige, réaction sensori-motrice adaptée à un évènement qui dépasse la capacité à y faire face.


Cette réaction peut être observée lorsqu’un oiseau vient frapper une fenêtre et atterrir sur le sol. Il ne bouge plus, il a l’air d’être mort. Quelques secondes ou quelques minutes plus tard, l’oiseau s’envole. Il n’était pas mort mais plutôt en état de choc, dans un état de figement. L’équivalent de cet état chez l’humain se traduirait par le déni d’une réalité trop souffrante, menant à des comportements compensatoires pour survivre et qui, une fois rendu adulte, nuit à l’épanouissement personnel.



La famille


Devenir parent ne vient pas avec un livre d’instructions simples à suivre. Quoiqu’il existe différentes ressources pour accompagner les parents dans le développement de l’enfant, certaines dynamiques familiales se perpétuent, de génération en génération, sans trouver d’issue vers une maturité émotionnelle. Ces familles sont qualifiées de dysfonctionnelles ou dites, aux comportements toxiques.


Le principal symptôme pour reconnaître ce type de famille, c’est que l’altérité n’existe pas. L’enfant n’est pas considéré comme une personne à part entière, mais plutôt comme une extension du parent pour combler ses besoins.


Par exemple, le parent se sent fier à travers ce que son enfant a accompli et l’exhibe haut et fort pour rehausser sa propre estime plutôt que d’être fier de ce qu’a réellement accompli l’enfant pour le soutenir. La nuance est subtile mais extrêmement importante car elle fait toute la différence en ce qui est sain et ce qui ne l’est pas. Dans le premier cas de figure, c’est une façon d’être du parent qui est plutôt narcissique, inhibant la valeur de l’enfant et ne lui permettant pas de se développer. L’enfant se conforme alors aux désirs des parents pour être reconnu et aimé et dans l’autre cas, il est encouragé à devenir ce qu’il est vraiment, selon ses besoins et non selon le souhait de ses parents.


Lorsque l’enfant perçoit que ses parents sont dans l’incapacité de répondre à ses besoins, l’instinct lui dictera la soumission (fawn), le besoin de plaire ou de « flatter », comme réponse de survie. Le mode relationnel du parent aura comme conséquence que l’enfant prendra en charge les émotions de ses parents pour résoudre des problèmes pour pallier au manque d’enseignement à résoudre les problèmes.


Cette soumission parent/enfant est primordiale pour structurer notre identité mais elle se doit d’évoluer. Quand l’influence de l’autre est déshumanisante et qu’elle s’empare du monde intime de l’enfant, cela est néfaste pour son développement.


Chosifié, l’enfant est décentré de son monde intérieur à la recherche du moindre signal chez l’autre qui lui permettra de devancer ses besoins pour lui faire plaisir ou le satisfaire en échange d’un peu d’affection dans le but inconscient d’être vu, d’être reconnu. Il est motivé par la peur du rejet, la peur de l’abandon et dans certains cas, pour éviter de recevoir des coups physiques. Puisqu’il est sans défense, ne pouvant « combattre », qu’il est dépendant, ne pouvant pas fuir, le déni de cette réalité s’installe et ne lui reste que la soumission pour gérer ce stress émotionnel occasionné. Ainsi, pour préserver le lien de proximité avec son parent, l’enfant s’efface.


Il développe cette approche relationnelle pour retrouver un sentiment de sécurité, pour tenter d’avoir une connexion émotionnelle car l’amour inconditionnel n’existe pas au sein de sa famille. Son cerveau enregistre que pour être en sécurité et être aimé, il doit se fondre aux envies, aux souhaits et aux opinions des autres.


La neuroception[1], ce système inconscient qui permet de percevoir les menaces dans son environnement, est par conséquent sursollicité. Se développe, entre autres et n’en est pas l’unique facteur, l’hyper-sensibilité et l’hyper-empathie pour détecter les émotions des autres et déterminer s’il y a danger.


Ce mode organisationnel a comme conséquence la fragmentation de l’identité de la personne, car il y a conflit entre l’instinct de survie et le lien d’attachement. Inconsciemment, l’enfant remet en cause sa propre valeur plutôt que d’attribuer « la faute » à son parent car cela lui est impossible, puisqu’il dépend de lui. Adulte, il devient un caméléon, se fondant au gré des humeurs des autres pour préserver les liens relationnels, toujours pour ne pas être rejeté.


Ce processus d’abandon de soi pour éviter la souffrance est aussi présente chez d’autres primates. Le babouin qui offre sa gorge au tigre[2] qui vient de le capturer aura comme bénéfice adaptatif de ne pas souffrir de la situation qui, de toute façon, ne pouvait plus être contrôlée.


Ce schéma de servitude apprise, qui a permis à l’enfant rendu adulte de survivre jusqu’ici, a comme conséquence perverse d’être très coûteuse en énergie. Essayant de contrôler la réaction de l’autre ou de la tempérer, il dit constamment oui à l’autre avant même d’avoir sondé son propre ressenti, son propre besoin. S’il détecte que l’autre est déçu ou prends des distances, le besoin de faire plaisir augmentera pour tenter de retrouver cette sécurité affective et relationnelle qui est illusoire. Au lieu de créer du lien, ce mécanisme compensatoire adaptatif isole des autres et de soi-même, de sa vraie personnalité. Ce processus d’abandon de soi favorise le vide intérieur et contribue à faire naître ses voix autocritiques négatives envers soi-même puisque la croyance enregistrée est celle de toujours devoir en faire plus pour être apprécié, être aimé. Cela prépare la voie vers des modes relationnels de pouvoir et de manipulation qui empêchent d’être soi.


Non seulement cette capacité d’adaptation à notre environnement est présente dans nos gènes, mais si en plus au sein de notre famille, noyau de la société, n’a pas existé de levier pour apprendre à se développer en tant qu’être humain, nous voilà très mal outillé pour faire face aux aléas de la vie et faire rayonner pleinement notre potentiel. Et pour couronner le tout, à cela est ajouté le conditionnement de notre société actuelle qui préconise la remise de notre pouvoir entre les mains de sources extérieures à soi…


Certaines personnes ne travailleront jamais sur elles-mêmes pour se libérer de ces conditionnements et demeureront dans cet état de victimisation de croire que les autres sont responsables de leur malheur ou doivent répondre à leurs attentes, à leurs besoins. Ils feront une « carrière de victime »[3] :


« Ce bénéfice à se laisser emprisonner n’est pas une maladie mentale, c’est une difficulté à penser par soi-même dans un foyer où l’attachement n’a pas été sécurisant ou dans un contexte culturel qui n’a pas tutorisé le sujet, qui, devenu errant, demande à être capturé… La servitude volontaire engourdit la pensée. Penser par soi-même, c’est souvent s’isoler. Seuls ceux qui ont assez de confiance en soi osent tenter l’aventure de l’autonomie.»



Découvrir son essence, sa personnalité


Seules les personnes qui ont assez de confiance en soi oseront plonger à l’intérieur d’eux-mêmes pour vivre l’aventure d’apprendre à se connaître, réellement.


Ce que nous avons pu vivre peut soit nous amener à capituler, à stagner, ce qui devient, quant à moi, un non-sens existentiel ou bien devenir un merveilleux voyage initiatique vers la libération de ses souffrances qui propulsent vers un mieux-être et une certaine sagesse.


Vient un moment dans notre vie où la réalité nous éclate en pleine face. C’est admettre qu’on a été privé d’amour inconditionnel pendant notre enfance et que seul l’amour conditionnel a façonné notre vie.


Si tu t’es retrouvée dans une relation amoureuse toxique, c’est l’un des indicateurs possibles de cette triste réalité complexe. Ce cadeau très mal emballé est l’occasion de faire le deuil d’une relation d’amour qui n’a jamais existée. L’intégration de cette réalité et la prise de conscience qu’à partir de maintenant, tu es responsable de cocréer ta vie est le premier pas vers la libération qui mène à une vie épanouissante.


« En ce moment, tu en es inconsciente. C’est par déplacement souterrain se tramant à notre insu que la sortie du déni aura lieu, échappant à la conscience, qu’une réorientation s’amorce. Arrive alors cette lucidité, tel un éclair qui foudroie la conscience et la responsabilité de l’individu. Ainsi débute ta 2e vie… Sur le seuil de l’abîme de toutes ses croyances limitantes qui ont mené à ce point de rupture où doit mourir cette ancienne version de vous-même… Le 1er pas vers votre nouvelle vie, votre 2e vie, celle qui vous sera permis de créer. [4]»


De l’adaptation à la résignation ou bien, de l’adaptation à l’évolution. Abandonner, rebrousser chemin ou faire le 1er pas vers ta nouvelle vie : un choix déterminant à faire! De multiples moyens sont à notre disposition pour nous accompagner sur cette nouvelle route qui nous est encore inconnue.


En ce qui me concerne, j’ai débuté, il y a très longtemps, par la psychothérapie pour ensuite me diriger vers le coaching, selon mon état et mon besoin du moment. Ce sont 2 approches complètement différentes, l’une n’empêchant pas l’autre, toujours selon l’état ou le besoin. La psychothérapie vise à transformer notre manière d’être et d’agir dans le but de soulager une souffrance ou une détresse psychologique tandis que le coaching de vie transformationnel accompagne les personnes pour accomplir des objectifs précis et trouver des solutions à leurs problèmes, à prendre conscience de leur potentiel inexploité.


« J’ai longtemps hésité entre ces 2 propositions. L’une où depuis mon présent, je sonde mon passé à la découverte du soi, de qui je suis. L’autre, où depuis mon présent, je pose des choix créant ainsi mon soi, celui que je deviens. Je comprends aujourd’hui que je n’ai pas à choisir entre les 2 propositions car l’un consiste à me découvrir, l’autre à me créer. [5]»



Choisir de vivre l’aventure Metanoia et danser avec la vie en 3 temps


La 1re phase est la sortie de cet état automatique d’inconscience

pour laisser tomber son armure protectrice. S’approprier la réalité,

même si parfois colère et dégoût nous accompagnent.


Metanoia, c’est un terme grec qui signifie un changement radical d’état d’esprit, une libération initiée par des prises de conscience et un changement d’attitude. C’est cette faculté de notre esprit à renaître après une épreuve difficile, tel cet animal mythique qu’est l’oiseau phoenix qui renaît de ses cendres pour mieux s’envoler, léger comme un papillon.


Lors de cette démarche transformationnelle, c’est l’occasion de revisiter ta réalité intérieure et réapprendre à laisser exprimer ton intuition. C’est à travers elle, et tes 5 sens, qu’il est possible d’apprivoiser le monde dans toute sa splendeur et profiter de ce qu’il a de plus beau à offrir. Ne plus être un objet mais devenir le sujet de ta propre histoire.


La phase 2, c’est quitter ce paradigme de la victimisation pour se responsabiliser,

se reconstruire et devenir la créatrice de sa vie!

C’est reconfigurer sa vision du monde et ses valeurs pour donner un sens.


Décider d’emprunter cette route, c’est honorer ce cadeau de la vie qui nous a été offerte, en prenant responsabilité de protéger son altérité et son intégrité. C’est apprendre à se connaître, découvrir ses failles, ses forces, ses angoisses, ses passions. C’est découvrir son tempérament, ses traits de personnalité qui sont la mémoire de tes réactions émotionnelles. Ainsi, si tes réactions émotionnelles sont non conscientes, non choisies et dictées par tes blessures d’abandon, de rejet, de trahison, d’injustice et d’humiliation, c’est comme si tu vivais dans le passé, condamnée à le répéter.


Se découvrir permet de quitter cette spirale infernale de répétition, parfois même briser un cycle générationnel de violences relationnelles pour enfin vivre des relations égalitaires, sans avoir constamment peur de perdre l’autre. C’est se permettre de vibrer à une tout autre fréquence et ainsi attirer à soi un éventail complètement différent de possibilités.


La 3e phase, c’est poser les actions nécessaires à la création d’une vie qui a du sens pour soi et

incarner qui tu es en élargissant ton état d’être interne, ton champ de conscience.


Pour terminer, cette aventure est l’occasion de prendre conscience de ta vision du monde, de la façon dont tu l’apprivoises. C’est comprendre qu’il n’existe qu’une seule réalité mais qu’elle est teintée par ton instinct « endommagé », tes émotions et ton mental. C’est découvrir ton essence pour devenir qui tu es appelé à être dans ce monde et incarner la mission de vie qui t’incombe.

Vivre l’expérience Metanoia, c’est choisir de miser sur toi, faire rayonner ton unicité et te donner la chance de vivre l’apothéose de ton histoire existentielle!



[1] Terme issu de la théorie polyvagale, Stephen Porges [2] Réveillez-le tigre, guérir le traumatisme, Peter A. Levine, préface de Boris Cyrulnik [3] Le laboureur et les mangeurs de vent, Boris Cyrulnik [4] Une seconde vie, François Jullien [5] Ton autre vie, Franck Lopvet

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